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La liturgie de la libération de Jérusalem

La liturgie de la libération de Jérusalem

La liturgie de la libération de Jérusalem

Par Bernard Sabella

Verso Gerusalemme (Atti del II Convegno internazionale nel IX Centenario della I Crociata [1099-1999] (Bari, 1999)

Introduction: Jérusalem est tombée le vendredi 15 juillet 1099, vers midi. Les croisés victorieux se tournent aussitôt vers le Mont du Temple, y massacrent les soldats et les civils qui tentent - en vain - de se réfugier dans les deux mosquées; et tandis que les forces de Raymond de Saint-Gilles prenaient encore d'assaut la Citadelle, les vainqueurs exaltés se précipitèrent vers le Saint-Sépulcre, véritable but et destination de la croisade. Le Iter Sepulchri a culminé, de manière appropriée, avec l'Office de la Résurrection célébré sur la tombe du Christ. On peut encore percevoir les émotions intenses qui ont été exprimées lors de cette célébration à travers le récit de Raymond d’Aguillers, aumônier de Raymond de Saint-Gilles, participant et témoin de cet événement: «Quomodo plaudebant exultantes et cantantes canticum novum Domino. Etenim mens eorum Deo victori et triumphanti vota laudum offerebat, quae explicare verbis non poterat. Nova meurt, novum gaudium, nova et perpétua leticia, laboris atque devotionis consummatio, nova verba, nova cantica, ab universis exigebat ».

Raymond a vu cette victoire comme «totius paganitatis exinanitio, christianitatis confirmatio, et fidei nostre renovatio»; il a souligné la signification profonde de la conjonction de la Liberntion avec la Divisio Apostolorum - le cercle qui s'est ouvert avec le départ des Apôtres de Jérusalem fermé avec le retour des Croisés revendiquant leur héritage légitime, «filii Apostolorum» revenant «[ad] urbem et patriam quam iuravit patribus ». Et il a insisté sur le caractère régulier de cette célébration. Ce n'était pas un événement isolé, mais une célébration régulière qui s'est déroulée pendant sept jours et s'est clôturée le jour de son octave (22 juillet) avec l'élection du premier roi latin de Jérusalem: «Hec inquam dies celebris in omni seculo venturo».

Une nouvelle liturgie fut ainsi instituée, Festivitas sancte Hierusalem, ou Dies liberationis Hierusalem; mais est-ce vraiment devenu une caractéristique régulière de l'année liturgique dans la Jérusalem latine? Le témoignage de Guillaume de Tyr, environ un demi-siècle plus tard, est concluant: «Ad majorem autem tanti facti memoriam ex communi decreto sancitum omnium voto susceptum et approbatum est, ut hic dies apud omnes solemnis et inter celebrior perpetuo haberetur».


Voir la vidéo: PRIÈRE DE LIBÉRATION - Abbé Guy Giroux (Janvier 2022).