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La montée des Carolingiens ou le déclin des Mérovingiens?

La montée des Carolingiens ou le déclin des Mérovingiens?

La montée des Carolingiens ou le déclin des Mérovingiens?

Par Emily Wilson

Historique d'accès, Vol.2: 1 (1998)

Introduction: Le transfert de pouvoir des Mérovingiens aux Carolingiens en France est l'une des périodes les plus déroutantes de l'histoire médiévale. Pour arriver à une conclusion sur la question de savoir si ce transfert était dû plus au déclin des Mérovingiens, ou plus à la montée des Carolingiens, il y a de nombreuses considérations, souvent contradictoires, et les sources sont loin d'être complètes. Néanmoins, c'est une période qui mérite d'être considérée, car elle a contribué à la formation de la France médiévale. En fin de compte, une conclusion à la question «Faut-il parler de l’ascension des Carolingiens ou du déclin des Mérovingiens?» N’est peut-être pas possible.

Cet essai soutiendra que les termes «augmentation» et «déclin» suggèrent une inévitabilité qui n'est pas étayée par les preuves. Ce faisant, l'accent sera presque exclusivement mis sur l'histoire politique, car c'est le domaine dans lequel les sources documentaires mettent le plus de lumière. Malheureusement, bien que ce soit le domaine qui mène aux conclusions les plus certaines, cela signifiera que le document devra passer sous silence certains aspects de l'histoire ecclésiastique et économique - deux domaines qui ont un impact significatif sur cette question, et ont largement ignoré la domaines de l'histoire militaire et diplomatique, également importants dans toute considération de cette période. En se concentrant cependant sur l'histoire politique, on montrera qu'il s'agissait d'une période caractérisée par une vitalité et un changement, où les vainqueurs éventuels étaient loin d'être certains.

L'historien qui examine les dynasties mérovingienne et carolingienne est confronté à un problème familier à tout historien du début du Moyen Âge: la rareté des sources. Dans un sens, le VIe siècle est bien servi par les œuvres de Grégoire de Tours. Gregory Histoire des Francs fournit des informations très importantes sur la politique, à la fois laïque et ecclésiastique, du sixième siècle. Il faut se rappeler, cependant, que Grégoire écrivait du point de vue d'un évêque de l'Église catholique, et avec un parti pris très prononcé en faveur de cette institution. Il était également membre de l'aristocratie gallo-romaine et pouvait donc avoir été biaisé contre les Francs. On ne peut nier qu'il est parfois inexact et que son récit des événements est souvent déformé, intentionnellement ou non. Hormis ces défauts, il est, dans de nombreux cas, la seule source dont nous disposons pour les événements de cette période, ce qui rend impossible la vérification de sa version. Ses motivations et son audience dans l'écriture restent floues, bien que J. M. Wallace-Hadrill ait fait quelques suggestions plausibles.

Les preuves du septième siècle sont encore plus problématiques. La principale source est le Chronique de Fredegar. Cette source fournit des informations intéressantes, mais présente des défauts évidents, du point de vue de la preuve. C'est d'abord et avant tout une chronique et non une histoire, il ne fait donc guère plus que d'enregistrer une liste d'événements. Il y a des incohérences dans le dossier. Il y a une certaine confusion sur l'auteur ou les auteurs, ce qui rend difficile de juger de l'objectif de la la chronique. Il se termine en 642 (il a probablement été achevé vers 660). Il y a, bien sûr, les suites de Fredegar, mais celles-ci n’ont été ajoutées qu’au huitième siècle et ont probablement été composées sur les instructions du demi-frère de Charles Martel, le comte Childebrand. Cela doit jeter un grand doute sur leur neutralité. Le Liber Historiae Francorum a été écrit vers 727, probablement au nord de Paris, et raconte les événements dans une perspective neustrienne, offrant un point de vue alternatif. Cependant, il date d’une période où le pouvoir de Charles Martel était bien établi, et il n’est peut-être pas très précis.


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